La Bible en ses Traditions

Philippiens 1,1–30

Byz V TR Nes
S

1 VICI COMMENCE L'ÉPÎTRE AUX PHILIPPIENS

Paul et Timothée, esclaves du Christ Jésus

Byz TRde Jésus-Christ

à tous les saints dans le Christ Jésus qui sont à Philippes

avec leurs épiscopes et leurs diacres.

1 ...

1a esclaves Rm 1,1 ; 2Co 4,5 ; Col 4,12 1b saints Rm 15,25-26 ; 1Co 1,2 1c diacres 1Tm 3,8-9 1s Adresses Rm 1,1.7 ; 1Co 1,1-2 ; 2Co 1,1 ; Ga 1,1-2 ; Ph 1,1 ; Ep 1,1 ; Col 1,1-2 ; 1Th 1,1 ; 2Th 1,1 ; 1Tm 1,1-2 ; 2Tm 1,1-2 1a Timothée Ph 2,19 ; Ac 16,1 ; 1Co 4,17 ; 16,10 ; 2Co 1,1 ; 1Th 3,2.6 ; He 13,23
Byz V S TR Nes

2 À vous, grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du

Sde notre Seigneur Jésus-Christ.

3 Je rends grâce à mon Dieu à chaque fois que je fais mémoire de vous

 

3 Je rends grâce à mon Dieu Rm 1,8 ; 1Co 1,4 ; 1Th 1,2 ; Phm 4
Byz V TR Nes
S

4 toujours

et en chacune de mes prières pour vous tous

faisant cette supplication dans la joie

4  

car en toutes mes prières pour vous

et dans la joie, j'intercède

Byz V S TR Nes

5 en raison de votre communion dans l’Évangile, depuis le premier jour jusqu’à présent,

5 dans l’Évangile 1Co 9,23

6 ayant cette confiance

que celui qui a commencé en vous une œuvre bonne

la parachèvera jusqu’au jour du Christ Jésus.

TRde Jésus Christ.

Sde notre Seigneur Jésus Christ.

6b Œuvre de Dieu Jn 4,34 ; 6,28-29 ; Rm 14,20 6bc Dieu fidèle 1Co 1,9 ; 1Th 5,24 6c jour du Christ Jésus 1Co 1,8 ; Ph 1,10 ; 2,16 ; →Parousie
Byz V TR Nes
S

7 De même il est juste pour moi de penser cela au sujet de vous tous

parce que je vous porte dans mon cœur, vous, qui dans mes liens

ainsi que Byz V Nesdans la défense et l'affermissement de l’Évangile,

êtes tous associés à ma grâce.

Vjoie.

7 De même il est juste pour moi de penser au sujet de vous tous

parce que dans mon cœur vous êtes établis vous qui, dans mes liens

ainsi que dans ma défense de la vérité de l’Évangile,

êtes associés à ma grâce.

 

7b dans mon cœur 2Co 6,12 ; 7,3 7c Évangile Rm 1,16 ; 1Co 15,1 7d ma grâce Ep 3,2 7c chaînes Ph 1,13-14.17 ; Col 4,18 ; 2Tm 2,9 ; Phm 10.13
Byz V S TR Nes

8 Car Dieu m’est témoin

comme je languis après vous tous dans les entrailles du Christ Jésus !

8b je languis après vous tous 1Co 16,24 entrailles Ph 2,1 ; Sg 10,5 ; Si 30,7 ; Mt 9,36 ; 18,27 ; Lc 10,33 ; 15,20 8a Dieu m'est témoin Rm 1,9 ; 1Th 2,5.10

9 Voici donc ce que je demande dans ma prière :

que votre amour

Vcharité surabonde toujours plus en connaissance

Vscience et en toute espèce d'acuité

Stout discernement spirituel 

9b surabonde 2Co 9,8 connaissance G-Pr 8,10 ; Ep 1,17 9ss Prière de Paul Col 1,9-12

10 pour mettre à l'épreuve les choses qui diffèrent

Vapprécier ce qui est le meilleur

afin d’être purs et irréprochables pour le jour du Christ

10b irréprochables 1Th 3,13

11 comblés des fruits

V Nesdu fruit de la justice par Jésus Christ

VJésus-Christ pour la gloire et la louange de Dieu.

11 fruits de la justice Is 32,17 ; Am 6,12 ; Pr 11,30 ; He 12,11 ; Jc 3,18 fruits Ph 1,22 ; Mt 21,34 ; Jn 15,2-8.16 ; Rm 1,13 ; 6,22 ; Ga 5,22 ; Jc 3,17
Byz V TR Nes
S

12 Or je veux que vous sachiez, frères

que ce qui m’est arrivé a tourné plutôt au progrès de l’Évangile.

12 ...

12b progrès Ph 1,25 ; 2Th 1,3

13 En sorte que mes liens sont devenus manifestes par le Christ dans tout le prétoire et partout ailleurs

13 ...

13 Prisonnier Ac 23,35 ; Ep 3,1 ; 4,1 ; 2Tm 2,9
Byz V S TR Nes

14 et la plupart des frères, ayant dans le

Snotre Seigneur pris confiance par le fait même de mes chaînes,

ont beaucoup plus d’audace pour dire sans peur la parole V Sde Dieu.

14 Annoncer avec audace Ac 28,31 ; 1Th 2,2

15 Certains, il est vrai, c'est par envie et querelle

Vpar esprit de contention

mais d’autres, c'est par bonne volonté Set par amour qu'ils prêchent le Christ.

Byz V TR Nes
S

16 Ceux-ci

VCertains agissent par

querelle annoncent le Christ sans pureté [d'intention], pensant susciter de l’affliction dans mes liens 

V Nescharité sachant que j'ai été préposé pour la défense de l’Évangile ;

16 ...

Byz S TR Nes
V

17 tandis que les autres [agissant] par charité sachant que j'ai été préposé pour la défense de l’évangile

Nesquerelle annoncent le Christ sans pureté [d'intention] pensant susciter de l'affliction dans mes liens.

17 tandis que les autres annoncent le Christ par esprit de contention et non sincèrement,

en prétendant susciter l'affliction dans mes rangs.

Byz V TR Nes
S

18 Quoi donc ? De toute manière

soit prétexte soit vérité le Christ est annoncé

et de cela je me réjouis et je m'en réjouirai encore.

18 ...

19 Car je sais que cela aboutira

Vtournera à mon salut

par votre prière et l’assistance de l’Esprit de Jésus Christ

19 ...

19b Prière d’intercession G-Jb 13,16 ; Rm 15,30 ; 2Co 1,11 assistance de l’Esprit Rm 8,26 ; Ga 3,5

20 selon ma vive

Vmon attente et mon espérance 

que je ne serai confondu en rien

mais qu'en toute assurance maintenant comme toujours le Christ sera magnifié dans mon corps

soit par ma vie soit par ma mort.

20 ...

20 assurance 2Co 3,12 exalté dans mon corps 1Co 6,20; 2Co 4,10 20ac espérance + assurance 2Co 3,12

21 Car pour moi vivre c'est le Christ et mourir, un gain.

21 ...

21 Union au Christ Ph 3,8-10 ; Rm 8,10 ; Ga 2,20 ; Col 3,3-4

22 Mais

VQue si vivre dans la chair c'est pour moi un fruit du labeur

je ne sais que choisir.

22 ...

23 De fait

Byz V NesOr je suis pressé des deux côtés

ayant le désir de partir

Vd'être séparé et d’être avec le Christ

ce qui est Nes| en effet | [en effet ] | de beaucoup le meilleur

23 ...

23b être avec le Christ Lc 23,43 ; Jn 14,3 ; 2Co 5,8 partir 2Tm 4,6
Byz V S TR Nes

24 mais que je demeure dans la chair est plus nécessaire

Smon corps me presse pour vous.

Byz V TR Nes
S

25 Et étant persuadé de ceci, je le sais, je resterai et je demeurerai avec vous tous

pour votre progrès et pour la joie de votre foi

25 ...

26 afin que votre fierté

Vvotre action de grâces abonde dans le Christ Jésus en moi

par ma présence auprès de vous.

26 ...

26a Fierté de l’Apôtre Ph 2,16 ; 2Co 1,14

27 Seulement vivez en citoyens

Vconduisez-vous d’une manière digne de l’Évangile du Christ

afin que soit que je vienne et que je vous voie

soit qu'absent, j'entende dire de vous

que vous tenez bon dans un seul Esprit

d’une seule âme

luttant

Byz TR Nestravaillant ensemble pour la foi de l’Évangile

27 ...

27a Mener une vie digne Ep 4,1 ; Col 1,10 ; 1Th 2,12 27bc Présence et absence Col 2,5 27d Unité d’Esprit Ph 2,2 ; 3,16 ; 4,2 ; Ac 2,44 ; 4,32 ; Rm 12,16 ; 15,5 ; 1Co 1,10 ; 2Co 13,11 ; Ep 4,3
Byz V S TR Nes

28 n’étant nullement effrayés par les

Snos adversaires :

ce qui pour eux est

V Nesest pour eux une démonstration

Vcause de la perte

et pour vous du

Nesde votre

Sde notre salut

 Byz V TR Neset cela est de Dieu. 

28a adversaires 1Co 16,9
Byz V TR Nes
S

29 Car il vous a été fait la grâce

Vdonné à l'égard du Christ

non seulement de croire en lui

mais aussi de souffrir pour lui

29 et ceci vous a été donné par Dieu,

que non seulement et vraiment vous croyiez en Christ, 

mais aussi que pour lui vous souffriez

29a (S) donné par Dieu Jn 3,27 ; Jc 1,17 29c Souffrir pour le Christ Mt 5,10-11 ; Ac 5,41 ; Col 1,24 ; 2Th 1,4-7 ; 1P 1,6-7
Byz V S TR Nes

30 ayant

Sendurant le même combat que vous avez vu en moi,

et dont vous entendez maintenant parler en moi

V Sà mon sujet.

30a combat 1Th 2,2

Propositions de lecture

1–30 Communion entre l'Apôtre et les fidèles dans la nouvelle cité

Structure

  • Praescriptum (v.1-2). La salutation initiale prépare le développement futur en usant d’un qualificatif inhabituel pour Paul : « esclave » (Procédés littéraires Ph 1,1a).
  • Prologue (v.3-11) : captatio benevolentiae (v.3-8) et prière conclusive (v.9-11). Paul met en valeur la communion (y compris financière : Procédés littéraires Ph 1,5.7d ; Procédés littéraires Ph 1,1–11) des Philippiens à son action missionnaire et y reconnaît l’œuvre de Dieu. Avec la communion, Paul introduit les autres thèmes de l’épître : la joie, l’Évangile et l’attitude juste du chrétien (Vocabulaire Ph 1,7a). L’agir chrétien, informé par la charité (Tradition chrétienne Ph 1,9b), est mis dans sa perspective eschatologique.
  • Nouvelles biographiques (v.12-26). Paul informe les Philippiens du détail de la captivité tout en donnant aux événements leur sens théologique. Paul dépeint le cœur de l’Apôtre, déterminé par la charité, considérant d’abord le bien de ceux à qui il est envoyé. Décrivant sa lutte, il prépare les Philippiens à comprendre son exhortation à la résistance face aux persécutions (v.27), combat (Procédés littéraires Ph 1,27d) où l’unité de la communauté est fondamentale (v.28). 
  • Exhortation générale à vivre conformément à l’Évangile (v.27-30).

Traits remarquables

Ce ch. introduit deux traits caractéristiques de l'épître :

  • l’insistance sur l'exemple à donner et à suivre. L’Apôtre invite les Philippiens à imiter des modèles : Jésus et lui-même, Paul. À cet effet, il décrit sa situation avec soin ;
  • le recours aux lieux communs de la cité pour illustrer la vie de la jeune Église et à ceux du stoïcisme (Textes anciens Ph 1,4c) pour décrire la vie du chrétien.

Texte

Critique textuelle

8b languis Traduction littérale « désirer », « regretter l’absence de quelqu’un ou quelque chose ».

10b irréprochables Traduction littérale « qui ne fait pas trébucher », « qui ne provoque pas de scandale ».

11 louange Variantes

  • D* : pour la gloire et la louange du Christ ;
  • P46 : pour la gloire de Dieu et ma louange ;
  • F G Ambrosiaster : pour ma gloire et ma louange.

16s Ordre inversé des versets Certains manuscrits, à l'image de ceux du texte byzantin et du Textus Receptus que nous suivons ici, donnent un ordre des versets inverse par rapport à la Vulgate et Nestle Aland (ainsi que la plupart des manuscrits les plus anciens tels que P46, א, A, B, D et la tradition latine) et non attesté avant le VIe siècle.

22a fruit du labeur Littéralement « fruit d’œuvre » (Ps 104,13 [Ps-G 103,13]). Paul considère la fécondité d’un apostolat futur et non le désir de voir le fruit de son apostolat passé.

Vocabulaire

1a esclaves Dénotation ambiguë Le grec doulos ≃ l'héb. ‘ebed. Procédés littéraires Ph 1,1a

6c parachèvera Connotation Le verbe epiteleô signifie litt. « accomplir », « mener à son but (epi-telos), à son accomplissement ».

7a penser Terme favori de Paul Le verbe phroneô, employé fréquemment par Paul dans Ph (Ph 1,7 ; 2,2[x2].5 ; 3,15[x2].16.19 ; 4,2.10[x2]), désigne la faculté de juger et de sentir, mais renvoie aussi à la volonté, à l’opinion, aux dispositions intérieures. Les parallèles sémantiques existant entre v.3-5 et v.7 montrent que le verbe intègre la prière, la mémoire, les souffrances, les finances et la communion à la mission.

V traduit tantôt par sapere (« goûter », « apprécier »), tantôt par sentire (« éprouver », « juger », « avoir telle intention »), y compris en cas de double occurrence dans le même verset (Ph 2,2 ; 3,15).

7c l'affermissement Connotations Le mot bebaiôsis évoque consolidation, garantie, authentification, ...

9b acuité Hapax NT Gr : aisthêsei, litt. « perception » ; la capacité à percevoir et estimer une situation précise, le tact. Cf. G-Pr 5,2 ; 14,7 ; 15,7.

9b connaissance spirituelle Le substantif epignôsis signifie « connaissance » spirituelle : capacité à reconnaître le bien, à discerner. C’est un fruit de l’action de l’Esprit dans le croyant. V traduit par scientia, notitia, cognitio, agnitio, etc.

11 comblés Registre comptable L’acception comptable de peplêrômai se retrouve en Ph 4,18. Procédés littéraires Ph 1,5.7d

11 des fruits Nuance financière Le nom karpos (« fruit », « profit ») revêt ici une acception nouvelle (« dividendes » ou « profit financier ») qu’attestent certains dérivés (karpeia, karpizomai). La conclusion de l’épître vient d’ailleurs l’appuyer : Ph 4,17 « je recherche les dividendes (karpon) qui débordent sur votre compte (eis logon humôn) ». →Vocabulaire financier

12b progrès Sens concret, puis moral Prokopê terme rare dans G (2M 8,8; Si 51,17) et le NT (Ph 1,12.25; 1Tm 4,15), du grec tardif, décrivant au sens propre le travail des pionniers dégageant la route devant l’armée et préparant ainsi son avancée d’où le sens figuré d’avancement, de progrès. C’est un concept central du stoïcisme décrivant le progrès moral de l’individu dans la vertu. Textes anciens

14b dire + la parole — Expression unique chez Paul lalein ton logon (présente en Ac 4,25 ; 8,29 ; etc.), comprise selon le contexte des v. suivants, elle exprime ici la proclamation de l’Évangile.

15b bonne volonté Substantif spécifiquement biblique eudokia est formé sur le verbe eudokeô, « éprouver du plaisir, se complaire, choisir, décider ». Dans G, il traduit le plus souvent rāçôn, exprimant la eudokia de Dieu. Dans un sens personnel comme ici, il exprime la bonne volonté, l'élan du coeur (Rm 10,1; 2Th 1,11). Dans un contexte théologique, ce terme exprime la volonté divine de salut pour l'humanité (Lc 2,14; 10,21; Ep 1,5.9; Ph 2,13). Le verbe décrit l'amour du Père pour le Fils (Mt 3,17; 12,18; 17,5; Mc 1,11; Lc 3,22). 

19a salut Sens eschatologique Constant chez Paul. La reprise de G-Jb 13,16 évoquant le jugement devant le tribunal divin confirme cela.

20a vive attente Grec chrétien, terme rare dans le NT Apokaradokia (ici et Rm 8,19), non attesté en dehors de la littérature chrétienne. La majorité des Pères l'interprète comme une forme intensive de karadokia, une expression forte de l'attente. Il exprime une attente dans un contexte angoissant ou difficile. Ce pourrait être l'expression de la connotation émotionnelle de l'espérance.

20c assurance Parrêsia est formé par l'association de pan et rêma, « toute parole », d'où le sens de tout dire sans crainte. Ce mot connote la confiance. Paul traduit ainsi l'absence de peur, la liberté de parole dans l’annonce de l’Évangile (2Co 3,12; 7,4; Ep 3,12; 6,19; Phm 1,8).

21 gain Kerdos : le Christ est le gain qui se substitue à tous les autres gains qui faisaient la fierté de Paul (Ph 3,7). L'Apôtre fait ici écho à un lieu commun de la culture hellénistique (Textes anciens Ph 1,21).

22a chair Sens double chez Paul Sarx peut désigner :

  • le corps dans sa fragilité (Rm 2,28; 2Co 4,11; Ga 4,14), la vie mortelle (sens à retenir ici) ;
  • dans un sens négatif, la condition humaine soumise au péché (Rm 7,3; 8,8).

23a pressé Terme rare Sunechomai est peu fréquent chez Paul (2Co 5,14). Forme moyenne de sunechô, « tenir ensemble » d'où « serrer, comprimer ». Il traduit l'oppression subie par l'Apôtre confronté au dilemme.

27 luttant ensemble Connotation athlétique ou militaire Sunathlountes formé de athlein, « lutter, prendre de la peine » et sun, « ensemble ». Paul peut faire référence soit aux combats de l'arène, soit, plus vraisemblablement, au contexte militaire. Il évoque ici la communion entre les Philippiens dans l'adversité. En Ph 4,3, ce verbe traduira la collaboration entre Paul, Évodie et Syntychè.

27a en citoyens Terme rare Dans tout le NT, politeuesthai est employé seulement ici et en Ac 23,1. Procédés littéraires Ph 1,27a

27d Esprit Sens double Pneuma peut renvoyer à l'esprit humain ou à l’Esprit Saint.

  • Le premier sens est inhabituel chez Paul alors qu'il invite par ailleurs à « être ferme dans le Seigneur » (Ph 4,1).
  • L'Esprit Saint est source d’unité de force pour l’action. Il est le principe de communion pour la communauté (Ph 2,1 ; 1Co 12,13 ; Ep 2,18 ; 4,4).

28a effrayés Hapax biblique Pturomenoi.

28b démonstration Terme rare Endeixis figure peu dans le NT (Rm 3,25s; 2Co 8,24). Le mot désigne l'action de montrer, la démonstration, la preuve. Ce terme peut avoir un sens juridique, mais c'est peu vraisemblable ici. Textes anciens Ph 1,28 Tradition chrétienne Ph 1,28

Grammaire

3 mémoire Construction inhabituelle Litt. « pour toute la mémoire de vous », tous les souvenirs au sujet des Philippiens. Cette construction rare chez Paul est généralement comprise « en toute occasion où je fais mémoire de vous » (gén. objectif).

14a dans le Seigneur Construction ambivalente L'expression peut aussi être attachée à « frères », mais cela serait redondant.

18a Quoi donc ? Question elliptique Ti gar indique une cause ou une raison. Ici, cette expression a la valeur d'une interjection en réaction à ce qui précède. Paul considère sans importance l'intention perverse et se concentre sur le résultat positif : l'Évangile est annoncé.

21 vivre ...mourir — Zeugme Phrases nominales.

27 foi de l’Évangile Construction ambiguë Pistis tou euaggeliou peut signifier, suivant la valeur que l'on donne au gén. : 

  • la foi qui vient de l’annonce de l’Évangile (gén. subjectif) ;
  • la foi qui a pour objet l’Évangile (gén. objectif) ;
  • la foi qui est l’Évangile (gén. épexégétique).

28b ce Antécédents divers Hêtis au féminin peut renvoyer à différents antécédents : la foi (v.27), la persécution dont les chrétiens sont l’objet (v.28ss), l’unité des croyants dans l’adversité (v.27-28a).

28b pour eux Construction ambiguë pouvant dépendre de « démonstration » (signe pour eux de perdition) ou de perte, la résistance des chrétiens étant le signe de la destruction à venir des persécuteurs.

28d cela est de Dieu Ellipse du verbe. Le « salut » et la « perte » sont le résultat de l'action divine.

Procédés littéraires

1–11 Inclusion avec Ph 4,10-20 Le thème de la communion/collaboration et le →vocabulaire financier ouvrent et terminent la lettre. Les Philippiens ont investi dans les souffrances de Paul et dans ses activités missionnaires : ils sont donc associés dans ses « affaires » !

1a esclaves Ambiguïté La désignation retenue par Paul insiste à la fois sur l’humilité et sur la dignité des deux expéditeurs. Si « esclaves » indique bien une condition inférieure, le titre d’« esclaves du Christ » souligne leur appartenance à la « maison » du Christ, en tant qu’esclave de haut rang, à l’instar des esclaves de César qui étaient des fonctionnaires importants. Cette richesse sémantique prépare le développement de Ph 2,6-11. →Serviteurs et esclaves chez Paul

2 grâce et paix Collage ? La formule semble combiner le salut grec (chairê « réjouis-toi ») et le salut juif (šālôm « paix »). →Vocabulaire de la grâce et du bienfait dans la Bible

2 et du Zeugme On pourrait aussi traduire « de la part de Dieu notre Père et celui [c.-à-d. le Père] du Seigneur Jésus Christ », ou encore « de la part de Dieu notre Père et celle [c.-à-d. la part] du Seigneur Jésus Christ ».

4c joie Thème récurrent La joie est une des notes caractéristiques de cette épître : Ph 1,18.25 ; 2,2.17-18.28-29 ; 3,1 ; 4,1.4.10.

5.7d communion + associés — Isotopie du thème financier Le double sens du mot koinônia (« partenariat » et « communion ») ouvre une isotopie du thème des « finances », développée tout au long de la lettre (cf. Ph 4,14-19).

  • Elle se fonde sur l’idée du « partenariat spirituel » (cf. Ph 1,5 koinônia ; Ph 1,7 sunkoinônous ; Ph 4,14 sunkoinônêsantes ; Ph 4,15 ekoinônêsen) et l’image du compte courant (Ph 4,15 logon doseôs kai lêmpseôs « un compte de débit et de crédit » ; cf. Ph 4,17).
  • Cette image est annoncée dès Ph 1,11 (le verbe peplêrômenoi « ayant reçu pour solde de tout compte », et le substantif karpon « dividendes » ; cf. Ph 4,18 peplêrômai « je me déclare entièrement remboursé », et Ph 4,19 plêrôsei « il règlera la facture »).

→Vocabulaire financier

5 dans l’Évangile Synecdoque désignant toutes les activités et les fruits liés à l’évangélisation.

5 depuis + jusqu’à — Mérisme qui met en valeur la qualité de la communion.

8a témoin Appel à témoin C'est la figure la plus efficace en faveur de la bonne foi de l’auteur.

11 ; 4,19a comblés + comblera — Ironie et inversion des rôles

Paul use fréquemment de l'isotopie financière dans ses lettres

→Vocabulaire financier

Paul débiteur

Paul se présente ici d’abord en débiteur qui règle ses dettes (Ph 1,11 litt. « afin que vous soyez pleinement remboursés [peplêrômenoi] »). Les Philippiens ont en effet subvenu aux besoins de l’Apôtre en vertu des bons offices d’Épaphrodite (Ph 2,25 litt. « [que vous avez] délégué pour venir en aide [leitourgon] à mes besoins » ; cf. Ph 4,16).

Paul créancier

Mais dans la suite de l’épître, à travers l’image du compte courant ici amorcée, dettes et créances vont mystérieusement changer de bénéficiaire (Ph 4,15 « aucune autre Église que vous n’a pris part au partenariat spirituel de ce compte de débit et de crédit [logon doseôs kai lêmpseôs] »). Paul recherche au fond la richesse spirituelle des habitants de Philippes, eux qui sont en fait ses débiteurs (Ph 4,17). Si l’Apôtre se déclare finalement comblé par leurs contributions pécuniaires (Ph 4,18 peplêrômai), ceux-ci seront à leur tour remboursés par Dieu (Ph 4,19 « Mon Dieu règlera la facture [plêrôsei] de tout ce qui vous manque, selon sa richesse, dans la gloire, dans le Christ Jésus »).

12b.25b progrès Inclusion Même terme, même construction eis prokopên. Tout ce que Paul a subi dans le passé contribue au progrès de l’Évangile, tout ce qu’il fera contribuera au bien des Philippiens.

20c corps Métonymie Sômati (« corps ») renvoie à toute la vie de Paul.

20d vie + mort — Énumération complexe Relevant à la fois du mérisme énumératif, de l'hyperbole et de l'épiphore, elle précise la métonymie précédente et introduit les v.21-24 par une symploque (x...y / x...y : vie...mort / vivre...mourir).

21–24 Reversio Paul place en début et fin de la dubitatio (Procédés littéraires Ph 1,23) le bien des croyants, « fruit du labeur » et « nécessaire pour vous », et au milieu son hésitation personnelle : « Que choisir ? » et « je suis pressé des deux côtés ». Ce procédé met en valeur le critère ultime : le bien des Philippiens.

21 mourir, un gain Conclusion en forme d’oxymore La formule procède de la dramatisation caractéristique de ces v., qu'elle conclut avec une formule puissante.

21 vivre Synecdoque Zên : le verbe renvoie à plus que la vie biologique ou l'ensemble des événements et attitudes constituant une vie humaine.

23b partir Métaphore nautique Litt. « larguer les amarres, lever l’ancre, lever le camp (délier les tentes) », métaphore qui évoque la mort paisible, désirée (2Tm 4,6). Théologie Ph 1,23b

27bc soit + soit — Parallélisme inégal Le balancement construit par la reprise de eite, « soit », est déséquilibré puisque à venir et voir ne répond que rester absent. Paul introduit ensuite une proposition qui met l'accent sur l'objet de son écoute et de son attention, soulignant ainsi le contenu de la proposition introduite par hoti, « que », qui explicite le v. de la principale, politeuesthe, « vivez [...] en citoyens ».

28bc perte + salut — Antithèse C'est l'opposition avec le salut qui définit l'acceptation eschatologique de la perte. Il s'agit de la perte de la vie éternelle auprès de Dieu. Les opposants aux Philippiens combattent Dieu et ne peuvent que connaître la défaite.

28d–30 Expolitio explicitant ce qui précède immédiatement. Ce qui vient de Dieu est de croire au Christ et de souffrir pour lui.

Genres littéraires

1s Praescriptum Une lettre grecque comporte toujours l’expéditeur, le destinataire et la salutation.

3 L’action de grâces est habituelle au début des épîtres protopauliniennes (Rm 1,8 ; 1Co 1,4 ; 1Th 1,2 ; Phm 4). Elle est une reconnaissance des bienfaits reçus et du bienfaiteur qui en est l’origine. Attitude fondamentale de la vie chrétienne, elle fonde l’espérance pour l’avenir. →Vocabulaire de la grâce et du bienfait dans la Bible

9ss Prière Fréquentes, ces mentions de la prière de Paul font entrer son lecteur dans le cœur de l’Apôtre (Rm 1,10 ; Ep 1,16 ; Col 1,9).

Contexte

Repères historiques et géographiques

1s Envoi et destination de la lettre

L'épître aux Philippiens, (numérique, Jérusalem : 2022)

M.R. Fournier © BEST AISBL, Ph 1,1-2

Toponymie

Philippe, Thessalonique, Macédoine.

1b Philippes Histoire et archéologie Paul y fonda sa première Église en Europe en l'an 50 ou 51 de notre ère, sous le règne de Claude. Cette fondation est documentée dans le NT par un texte autobiographique conservé, Ph, et par le récit d’Ac 16,11-40. Pour une appréciation historique ; cf. introduction : « Repères historiques et géographiques » et « Milieux de vie ».

5 premier jour Vie des communautés : construction de la mémoire collective Paul fait ici allusion au « jour » de la conversion des Philippiens (Repères historiques et géographiques Ph 1,1b), moment à partir duquel ils ont eu le souci de soutenir matériellement l’action de Paul (Ph 4,15-16).

13 prétoire Calque de praetorium. Originellement, ce terme renvoie à la garde prétorienne ou à son siège. Ce terme pouvait aussi désigner le quartier général d’un gouverneur de province.

28a adversaires Identification ? Les Philippiens sont confrontés au même combat que Paul. Ces adversaires sont donc probablement des païens.

Milieux de vie

8b entrailles Anthropologie antique Organe de perception des sentiments, spécialement de la compassion.

27a citoyens romains ? De nombreux habitants de Philippes étaient citoyens romains. La ville bénéficiait du jus italicum et dépendait directement de l’empereur.

27a Vivez seulement en citoyens selon l’Évangile Liberté religieuse et empire

  • Adaptation d'une formule politique initiée dès la conquête d’Alexandre le Grand pour gérer le pluralisme ethnique et religieux en laissant les sujets « vivre en citoyens selon leurs coutumes ancestrales ».
  • Revendiquée ensuite par les Juifs de Judée et de la Diaspora pour justifier des exemptions afin de « vivre en citoyens selon le judaïsme ».
  • Dans le contexte d'une communauté religieuse structurée comme un politeuma (Milieux de vie Ph 1,1a Milieux de vie Ph 3,20), il s’agit de rendre possible l’intégration civique en préservant la liberté religieuse. Cf. 3,18. 

Textes anciens

4c joie Thème important du stoïcisme, courant philosophique dominant à Philippes La joie est le signe de la sagesse du stoïcien :

  • →Diogène Laërce 7,115-116 « De la même manière que le corps a une inclination à certaines maladies, comme le rhume ou la diarrhée, de la même manière l’âme a de fortes inclinations comme l’envie, l’apitoiement, les colères, et ce qui est semblable. Ils [= les stoïciens] disent aussi que les trois bonnes émotions sont la joie, la prudence et la volonté. La joie, le contraire du plaisir, est une élévation raisonnable, la prudence, le contraire de la peur, une esquive raisonnable, le sage n’éprouvant jamais la peur, mais il fera usage de prudence. Et ils font de la volonté le contraire de la convoitise, la volonté étant un désir raisonnable [...]. Ils disent donc que le sage est sans passions parce qu’il ne peut pas tomber dans de telles infirmités [c.-à-d. les fortes inclinations]. » Tradition juive Ph 1,4c

5 communion dans la cité

  • →Aristote Pol. 1,1 (1252a) « Puisque nous voyons que toute cité est une sorte de communauté et que toute communauté est constituée en vue d’un certain bien (car tous font toutes choses en vue de ce qui leur semble être un bien), il est clair que, toutes [les communautés] visent un certain bien, et que le bien souverain est la fin de la communauté qui est souveraine entre toutes et comprend toutes les autres, celle qu’on appelle cité ou communauté politique. »

7b je vous porte dans mon cœur L’amitié, lieu commun antique

Source de communion

Importance dans l’adversité

  • →Cicéron Amic. 22-23 « L’amitié allège l’adversité parce qu’elle la partage et qu’elle y fait prendre part. L’amitié renferme donc des avantages très nombreux et très considérables ; mais il en est un par lequel elle l’emporte sur tout : c’est qu’elle fait briller à nos yeux un doux espoir pour l’avenir et ne laisse pas les âmes s’affaiblir et tomber. Car celui qui considère un ami véritable, voit en lui comme sa propre image. Aussi, les absents deviennent présents ; les pauvres, riches ; les faibles, forts ; et, ce qui est plus difficile à dire, les morts sont vivants : tant l’honneur, le souvenir, le regret de leurs amis les accompagne [...]. Supprimez du monde les rapports de bienveillance : aucune maison, aucune ville ne pourra rester debout. »

12b progrès Dans le système stoïcien le processus de transformation qui fait passer de l’homme commun à celui de sage se réalise à travers un processus composé de trois étapes.

  • →Sénèque Ep. 75,8 « Les hommes qui sont en progrès sont encore au nombre des insensés, mais séparés d’eux par un vaste intervalle ; et parmi ces premiers même on trouve de grandes différences. Ils se divisent, selon quelques-uns, en trois classes. »

21 gain Le topos de la mort comme gain

Lieu commun parmi les philosophes grecs

Socrate présente la mort comme un sommeil sans rêve et y voit un gain :

  • →Platon Apol. 40c-d « alors la mort serait un gain merveilleux ».
  • →Platon Phaed. 62a : Socrate explique à Cébès pourquoi il n’est jamais légitime de se suicider par respect pour les dieux : « si l'on admet que la mort est quelquefois préférable à la vie, il pourra te sembler étonnant qu'alors même on ne puisse, sans impiété se rendre heureux soi-même, et qu'il faille attendre un bienfaiteur étranger. »

Un précédent sémitique

  • →Josèphe A.J. 15,158 rapporte la manière dont les Arabes, face à Hérode qui refusait les négociations, préférèrent la mort à la vie : « Ainsi décidés, ils sortirent des retranchements, mais furent incapables de se battre ; affaiblis de corps et d'âme, ils ne pouvaient fournir une belle résistance ; ils regardaient d'ailleurs la mort comme un bonheur, la vie comme une calamité. Au premier choc il en tomba environ sept mille. »

22 La mort chez les stoïciens du temps de Paul La mort peut être considérée comme le fruit d’un choix par les auteurs stoïciens contemporains :

  • →Sénèque Ep. 26,10 « Apprends à mourir ! C’est me dire : apprends à être libre. Qui sait mourir ne sait plus être esclave : il se place au-dessus ou au moins hors de tout pouvoir. Que lui font les prisons, les gardes, les barreaux ? Il a toujours une porte libre. Une seule chaîne nous retient captifs : l’amour de la vie. Il faut non pas le répudier, mais tellement le restreindre qu’au besoin rien ne nous arrête et ne nous empêche de faire résolument et sur l’heure ce que tôt ou tard il faut faire. »
  • →Cicéron Fin. 3,60-61 « Lorsque plusieurs choses sont selon la nature, son devoir est de rester en vie ; lorsque plusieurs lui sont contraires, ou semblent devoir l’être son devoir est de quitter la vie [...]. C’est pourquoi les raisons pour rester en vie ou pour en partir doivent être estimées entièrement en fonction des choses primaires de la nature dont nous avons parlé précédemment. Pour l’homme vertueux, il n’est pas nécessaire de rester en vie par vertu, pour ceux qui manquent de vertu, il n’est pas nécessaire de rechercher la mort. Et très souvent, il est approprié pour le Sage d’abandonner la vie au moment où il connaît un très grand bonheur, si une occasion le rend possible. Car ils [les stoïciens] pensent que le bonheur, qui est vivre en harmonie avec la nature, est l’opportunité de saisir le moment juste. »

28b démonstration Sens rhétorique

  • →Galien Hipp. Progn. 3,39 est un exemple parmi bien d'autres d'emploi du mot endeixis en grec hellénistique dans l'acception rhétorique de « démonstration ».

Intertextualité biblique

11 fruits de la justice Expression biblique figée qui indique l’engagement de l’homme pour une vie juste et sage, ou la récompense correspondante de la part de Dieu (Pr 13,2 ; Am 6,12).

23 Immortalité de l’âme Dans l'AT, le juste ne peut être gardé prisonnier de la mort (Ps 17). Dieu rachète son âme (Ps 49,16 ; 72,14). Ps 73,25 rend compte d'une communion avec Dieu au delà de la mort physique. Sg exprime cela dans une terminologie hellénistique (Sg 3,1 ; 4,14). Les auteurs perçoivent une communion de l'âme avec Dieu dans l'éternité, et semblent même envisager parfois une résurrection pour la chair : cf. Ps 1,5 et Dn 12,2s.

Littérature péritestamentaire

7s La compassion demeure dans le cœur miséricordieux :

  • →T. Zab. 8,2 « Dans les derniers jours, le Seigneur envoie sa compassion sur la terre, et à chaque fois qu’il trouve un cœur miséricordieux, il y fait sa demeure. »

Réception

Comparaison des versions

11 comblés des fruits : Byz TR V | Nes : sens métaphorique ou sens propre ?

  • Le complément étant au gén. (karpôn) ou à l’abl. (fructu), Byz, TR et V y lisent un passif divin.
  • Nes (P46 א A B D etc.) retient un complément à l’acc., qui introduit une métaphore financière : pleroô + acc. = « payer un dû, régler un compte ».

16s Byz et TR : inversion de l’ordre des versets Byz et TR ont inversé l'ordre des v.16 et 17 pour reproduire l'ordre du v.15.

Liturgie

1–11 Texte

TO-II, 30e semaine, vendredi, messe

= Paul prie que l’amour des chrétiens de Philippes « surabonde toujours plus en clairvoyance » ; Jésus guérit un hydropique.

4ss.8–11 Texte

Année C, Avent, 2e dimanche, messe

= Paul prépare le jour du Christ, comme Jean le Baptiste préparait le chemin du Seigneur.

4c dans la joie MYSTAGOGIE Ph et le temps de l’Avent Comme Ph (Théologie Ph 1,4c), la liturgie de →l’Avent est un grand invitatoire à la →joie. À la suite de Paul et en s’inspirant de ses formulations tout au long de ce temps liturgique, l’Église exprime son allégresse en des prières remplies d’espérance. Ph 3,20 « Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux, d’où nous attendons ardemment, comme sauveur, le Seigneur Jésus-Christ » ; Ph 4,5 « Le Seigneur est proche. »

  • Cette joie se déploie plus particulièrement lors du 3e dimanche appelé « dimanche Gaudete » (Liturgie Ph 4,4).

6c jusqu’au jour du Christ Jésus Objet de désir

Mystagogie

Pour Paul et les premiers chrétiens, le jour du Seigneur n’est pas un « jour de colère », mais un jour d’attente joyeuse. Ils aimaient la formule araméenne « Maranatha ! » (1Co 16,22 ; Genres littéraires Ph 4,5b) qu’on peut interpréter dans le sens d’un souhait : Marana tha « Ô notre Seigneur, viens ! »

Textes

  • année A, 1er dimanche de l'Avent, vigiles, 3e nocturne, 3e répons (→LM 1,51) : « Il est proche, le Jour du Seigneur ! »
  • année A, 2e dimanche de l'Avent, vigiles, 2e nocturne, 3e répons (→LM 1,151) : « Jérusalem [...] tu exulteras de bonheur, car il vient, le Jour du Seigneur. »
  • année A, 3e dimanche de l'Avent, vigiles, 2e nocturne, 2e répons (→LM 1,261) : « Oui, le temps de sa visite est proche, son Jour ne sera pas différé [...]. Il viendra [...], il n’y aura plus de frayeur sur la terre : c’est lui notre Sauveur ! »
  • mardis de l'Avent jusqu’au 16 décembre, et 20 décembre, vêpres, capitules (→LM 1,17 et 435) : « Nous attendons de voir se révéler notre Seigneur Jésus-Christ. C’est lui qui nous fera tenir solidement jusqu’au bout, et nous serons sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus-Christ (1Co 1,7-8). »
  • 18 décembre, sexte, capitule (→LM 1,399) : « Et qu’ainsi il vous établisse fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père, pour le jour où notre Seigneur Jésus viendra avec tous les saints (1Th 3,13). »
  • 23 décembre, vêpres, capitule (→LM 1,485) : « Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur n’est pas en retard pour tenir sa promesse, comme le pensent certaines personnes ; c’est pour vous qu’il patiente : car il n’accepte pas d’en laisser quelques-uns se perdre ; mais il veut que tous aient le temps de se convertir (2P 3,8-9). »

18b–26 Texte

Années paires, 30e samedi du temps ordinaire

= Paul se donne en exemple à travers ses tribulations ; Jésus invite à prendre la dernière place.

20c–24.27a Texte

Année A, 25e dimanche du temps ordinaire, messe

= Paul hésite face à la mort et choisit de rester par charité ; la parabole du maître de la vigne montre que les premiers et les derniers bénéficient également de la bonté de Dieu.

20c–24 Texte

Fête de saint Martin de Tours (11 novembre), messe
  • = 1re lecture (→LSa 391), en raison de la prière de ce saint sur son lit de mort ;
  • suivie de l'évangile de Mt 25,31-40 qui illustre la charité du saint évêque.

27–30 Texte

Messe pour les chrétiens persécutés

= Paul exhorte les Philippiens à lutter ensemble pour la foi de l'Évangile comme il le fait lui-même.

Tradition juive

4c joie Sobria ebrietas rabbinique La joie est le signe de celui qui est habité par l’Esprit de Dieu, qui se manifeste dans la joie qu’on trouve à vivre les commandements divins :

  • →b. Šabb. 30b « Ceci vous enseigne que la gloire divine ne repose ni dans la mélancolie, ni dans la paresse, ni dans la frivolité, ni dans la légèreté, ni dans la discussion, ni dans un discoureur indolent, mais dans une joie causée par le commandement divin. » Textes anciens Ph 1,4c

23b être avec le Christ La foi en l’immortalité de l’âme est présente aussi dans le judaïsme contemporain de Paul, en particulier chez les →Pharisiens, dont Flavius Josèphe se réclame.

  • →Josèphe B.J. 3,372 « Les corps, bien sûr, sont mortels chez tous les vivants et constitués d’une matière corruptible, mais l’âme est à jamais immortelle et habite dans les corps comme une parcelle de Dieu. » 

Tradition chrétienne

1a Paul Étymologie populaire Paulus, en latin, ressemble à paululus signifiant « très petit » ou « très faible ». 

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Paul se traduit par "modique", ce qui dénote son humilité. [Il est écrit dans] Is 60,22 "Mille sortiront du moindre d’entre eux, et du plus petit tout un grand peuple." »

Ailleurs, Thomas déploie l'imaginaire étymologique plus largement : 

  • →Thomas d’Aquin Lect. Rom. 1,17 : Paul signifie « admirable » ou « choisi » (selon l’héb.) ; « en repos » (selon le grec) ; « modique » (selon le latin).

Il s'appuie pour cela sur une longue tradition synthétisée dans la liste Aaz apprehendens présente dans plusieurs bibles du 13e s. : 

  • →Jérôme Nominum « Paulus mirabilis » (CCSL 72,151 l. 6) ; « Paulus mirabilis sive electus » (153 l. 25) ; « Paulo ori eorum sive ori tubae » (160 l. 31).
  • →Huguccio de Pise Deriv. « Paulus, -a, -um, id est parvus, modicus, et hinc Saulus dictus fuit Paulus quasi modicus et temperans » (916).

1a esclaves du Christ Jésus

Expression d'humilité

  • →Ambrosiaster Comm. Phil. : Paul déclare son état le plus humble, « car celui qui confesse le Christ comme Seigneur est libre et a le Salut. »

Quaestio : cette dénomination connotant crainte et servitude n'est-elle pas incorrecte pour des disciples ? 

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Quand il dit : "serviteurs, etc.", il donne leur condition. Selon 2Co 4,5 : "Car nous ne nous prêchons pas nous-mêmes, mais nous prêchons Jésus-Christ Notre Seigneur, et, quant à nous, nous nous regardons comme vos serviteurs pour Jésus." On pourrait objecter Jn 15,15 : "Je ne vous appellerai plus serviteurs, etc." Je réponds qu’il y a une double servitude d’après une double crainte. En effet, la crainte du châtiment provoque une servitude mauvaise [...] mais la crainte chaste provoque une servitude de révérence, et c’est de cela que parle l’Apôtre ici. »

Égalité fondamentale de tous les chrétiens

  • →Brenz Expl. Phil. : Les serviteurs de Dieu ne sont pas une petite élite. Quelques-uns doivent bien être ministres, mais tous sont esclaves du Christ. 

1b tous les saints

Les baptisés

Question de préséance : les fidèles avant les ministres ? 

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Il s’adresse aux notables en disant "aux évêques, etc." Une question se pose : pourquoi met-il les petits avant les plus importants ? Parce que le peuple est antérieur au prélat. Selon Ez 34,2 "Les pasteurs ne paissent-ils pas leurs troupeaux ?" En effet, ce sont les troupeaux que les pasteurs doivent paître, et non l’inverse. »

Un Seul est saint : qui sont les autres ?

  • →Brenz Expl. Phil. : Un saint est quelqu’un qui est né par le Saint-Esprit et ne pèche aucunement. Cela implique que seul Jésus est le saint (cf. Jn 3,13), et que « saints » (pl.) sont ceux qui croient en sa justice. Les saints sont ceux qui croient en Jésus-Christ et participent aux vrais sacrements, qui appellent Dieu par son nom, et luttent contre la chair. Tout chrétien est utile aux autres chrétiens, grâce à la prière. Quant aux Juifs et aux Turcs, ils n’adorent pas le Dieu qui a envoyé Jésus-Christ. Il est inutile alors de spéculer sur l’état spirituel des autres.  

Des saints par la grâce du Christ médiatisée dans ses sacrements

  • →Lapide Comm. ep. Pauli : Ces saints sont tous les chrétiens appelés à la vraie sainteté de l’esprit et du corps. Ils sont saints en Christ : à la fois de par le Christ lui-même et par ses mérites ; et parce qu’ils lui sont unis par le baptême, la foi, la grâce et la sainteté, comme les branches sont entées sur un arbre.

1b à Philippes

Importance de la cité dans l’œuvre d’évangélisation

  • →Brenz Expl. Phil. : Il faut l’aide des pouvoirs civils pour que l’Église puisse survivre. Tous les enfants doivent apprendre l’Évangile de leurs parents, et la cité doit aider à instruire les enfants, pour qu’ils puissent facilement lire la Bible.

Condamnation moralisatrice

  • →Mélanchthon Enarr. Phil. informe son lecteur que le paysage autour de Philippes était un terrain vide et vague, non à cause de la guerre civile qui avait mis la fin à la République et à sa vie vertueuse, mais (ce qui était pire) à cause des mœurs des Grecs et des Turcs.

2 de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ Égale dignité du Père et du Fils

2 grâce et paix

= synthèse de tous les biens divins

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Il y a deux biens qui incluent tous les autres. Le premier est la grâce de Dieu remettant les péchés. Il est dit dans Ep 2,8 "Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés." Le dernier est la paix de l’homme, selon Ps 147,14 "Il a établi la paix sur tes frontières." Par conséquent, il leur souhaite tous les biens intermédiaires. »

= dons de Dieu exclusifs

  • →Brenz Expl. Phil. : La grâce signifie la faveur de Dieu dans laquelle il embrasse ses fidèles, et la paix signifie avant tout la tranquillité. De l’une comme de l’autre, Paul n’est que le ministre.

3 mémoire de vous Philologie ?

5 en raison de votre communion dans l’Évangile

Une communion en actes et pas seulement en idées

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Il dit donc "en raison de votre communion", c’est-à-dire ce par quoi vous communiez à la doctrine évangélique, en croyant et en accomplissant son œuvre. C’est cela en effet la vraie communion, selon He 13,16 "Souvenez-vous d’exercer la charité, et de faire part de vos biens." »

Source de toute persévérance 

  • →Brenz Expl. Phil. : La persévérance naît de la communion en l’Évangile, qui a pour fondement la miséricorde de Dieu et qui requiert l’obéissance morale par gratitude envers Dieu. Paul n'a pas été rendu parfait par ses œuvres, mais par l’obéissance qui lui fut donnée par Dieu.

Une raison qu'il est nécessaire de rappeler car il n'y a pas de certitude dans le salut

  • →Hemmingsen Comm. Phil. : Contrairement à la certitude concernant le salut que croient pouvoir afficher les « stoïciens » (calvinistes ?), dans le peuple de Dieu les consciences doivent être régulièrement rassurées et persuadées. En l’occurrence, elles doivent se rappeler que la cause directe du commencement de leur vie spirituelle est la prédication de l’Évangile qui façonne, infléchit et dirige les cœurs des hommes vers la justice.

5 depuis le premier jour jusqu’à présent La persévérance comme appel et effet de la grâce

  • →Lapide Comm. ep. Pauli : Le don de persévérance est potentiellement fait à tous, sous forme d’élan pour commencer à agir et d’énergie pour continuer. Ce don est confirmé et pleinement actualisé en ceux qui persévèrent. Il déroule alors toute la série des moments de la grâce (décrits par →Trente Session 6). Ce premier don, ou grâce prévenante, n’est pas encore la grâce justifiante : c’est une grâce qui entrave la possibilité de pécher mortellement.

6bc celui qui a commencé en vous une œuvre bonne la parachèvera Tout est grâce

Polémique anti-pélagienne

Pélage, moine irlandais du 5e s., niait qu’un péché originel altérant les potentialités de leur nature fût transmis à tous les hommes. Du coup, il minimisait l’importance de la grâce divine, la réduisant à une lumière sur la fin à poursuivre et un couronnement des efforts entrepris pour l’atteindre. Bien que cette doctrine fût condamnée par les conciles de Carthage de 418 et d’Orange de 529, et par une lettre du pape Célestin Ier en 431, elle continua à faire débat à travers les siècles.

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « [Paul] a confiance en la puissance de Dieu. Et c’est pourquoi il dit "celui qui a commencé, etc." Selon Jn 15,5 "Vous ne pouvez rien faire sans moi." Cela va contre les pélagiens, qui disent que le principe de l’œuvre bonne vient de nous, mais son achèvement de Dieu. Mais cela n’est pas vrai : parce que le début d’une bonne œuvre en nous est de réfléchir au bien, et cela même vient de Dieu, d’après 2Co 3,5 "Non que nous soyons capables de former nous-mêmes aucune bonne pensée comme de nous-mêmes." »
  • →Lapide Comm. ep. Pauli : Dieu, en tant que bon pasteur, ne nous donne pas seulement une grâce suffisante par laquelle nous puissions persévérer, mais encore une grâce actuelle par laquelle nous persévérons effectivement. Une bonne œuvre n’est pas forcément quelque chose d’extraordinaire, mais peut consister en la simple vie évangélique.

Polémique anticatholique 

  • →Brenz Expl. Phil. : L’Apôtre ne fait ici que rendre témoignage à l’Évangile et à la justification. Les chrétiens, parce qu'ils croient en Christ, sont réputés justes par Dieu à cause de Christ. La foi fonctionne ainsi comme une semence qui germe et se développe jusqu'à porter ses fruits. 

Application morale : Dieu principe de bienveillance a priori 

  • →Calvin Comm. NT : Paul savait voir en Dieu l’unique artisan qui opérait dans ses frères et sœurs à Philippes, sans chercher d'autre assurance, et en accordant à tous le bénéfice du doute.

8b dans les entrailles du Christ Jésus Expression d’un amour

... paternel

  • →Jean Chrysostome Hom. Phil. 1,2 « Il n’a pas prononcé ce mot de charité : son expression est bien plus tendre. Je suis devenu votre père, et c’est de l’amour du Christ qu’émane cette paternité. »

... divin 

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « C’est-à-dire : moi qui suis dans les entrailles de Jésus-Christ. Ou bien, combien je désire que vous soyez en elles, comme pour dire : combien je désire votre salut et votre participation aux entrailles de charité du Christ. Comme il est dit dans Lc 1,78 "Par les entrailles de la miséricorde de notre Dieu", comme pour signifier que la puissance de l’amour touche les profondeurs et l’intime du cœur. Ou encore, combien je désire que vous soyez dans les entrailles de Jésus-Christ, c’est-à-dire que vous l’aimiez lui-même intimement, pour que vous soyez aussi aimés de lui ; en cela, en effet, consiste la vie de l’homme. »

... christique

  • →Calvin Comm. NT : Paul ici oppose les « entrailles du Christ » à l’émotion charnelle : l’amour vrai, sacré et pieux ne vient que des entrailles de Christ : comme s’il les ouvrait pour que s’épanouissent amour mutuel et affection cordiale entre les croyants.

... maternel

  • →Hemmingsen Comm. Phil. : Paul évoque son amour intime pour les Philippiens, comme celui d’une mère qui prend pitié, ce qui est l’effet de la grâce de Christ.

9b amour surabonde

L'amour est sans limite

  • →Jean Chrysostome Hom. Phil. 1,2 « Quand on aime comme lui, on réclame de l’objet aimé qu’il ne s’arrête pas non plus dans son affection, l’amour étant un bien sans mesure. »

Premier bien demandé : la croissance de la charité

Thomas d'Aquin formalise la prière conclusive de Paul en trois « biens » demandés par l'Apôtre à Dieu en faveur de ses destinataires. La charité est le premier. 

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. 1,2 « L’affection intérieure est perfectionnée par la charité, et c’est pourquoi à celui qui n’a pas la charité, il faut souhaiter qu’il l’ait ; mais à celui qui l’a, qu’elle soit perfectionnée. [...] Pour que la charité s’accroisse, il faut recourir à Dieu, car Dieu seul opère cela en nous. »

9b toujours plus + en toute espèce d’acuité

Deuxième bien demandé : la connaissance enseignée par la charité

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Le deuxième bien regarde l’intelligence. [...] Mais est-ce que la science provient en quelque façon de la charité ? Oui [...]. La raison en est que celui qui a un habitus, si c’est un habitus droit, il s’ensuit qu’il a un jugement droit pour les choses qui relèvent de cet habitus [...]. Ainsi, le tempérant a un bon jugement sur ce qui touche aux choses de l’amour, ce qui n’est pas le cas de l’intempérant qui a un jugement faux. Or, tout ce qui provient de nous doit être informé par la charité, et c’est pourquoi, celui qui a la charité a un jugement droit en ce qui concerne les choses à connaître. Et ainsi, il dit "en connaissance", par laquelle on connaît la vérité et on adhère à tout ce qui relève de la foi. »

Non pas la connaissance de tout, mais une connaissance parfaite parce qu'utile à un progrès spirituel continu

  • →Calvin Comm. NT : Paul ne veut pas dire que les chrétiens arriveront à la connaissance de toutes choses, mais que les connaissances qu’ils auront acquises seront complètes et parfaites. Les docteurs de la Sorbonne avaient beau connaître un nombre impressionnant de choses — et beaucoup d’entre elles bien loin d’être fausses —, cette connaissance ne valait pourtant rien, car leur doctrine n’avait aucune force pour la vie spirituelle et était donc pernicieuse. Sans justice parfaite, il est impossible de plaire à Dieu, or il n’y a de justice qu’en Christ à travers la foi. La sanctification des croyants est une œuvre jamais achevée en cette vie.

Nécessité d'une connaissance affective aussi pour une  véritable piété 

  • →Hemmingsen Comm. Phil. : Il faut que la force de la doctrine soit sentie pleinement et profondément dans le cœur. Sinon, il est vain de se réjouir dans la force de l’Évangile. 

10b afin d’être purs et irréprochables

Troisième bien demandé : la préservation du mal

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « "Afin d’être purs" : il y a en effet un double péché à éviter, à savoir d’abord la corruption intérieure par laquelle l’homme est corrompu en lui-même, et cela est écarté par la sincérité. 1Co 5,8 dit "[C’est pourquoi célébrons cette fête, non avec le vieux levain ni avec le levain de la malice et de la corruption, mais] avec les pains sans levain de la sincérité." L’autre est contre le prochain, c’est-à-dire l’offense. Et c’est pourquoi il dit "irréprochables". »

Une double perfection

  • →Cajétan Ep. Pauli : La pureté perfectionne chaque personne pour elle-même, tandis que l’abstention de tout scandale la perfectionne dans l’intérêt de son prochain.

11 pour la gloire et la louange de Dieu

Invitation à tout rapporter à Dieu

  • →Théodoret de Cyr Interpr. Phil. « Réjouis-toi de ces dons ! Garde ta foi non contaminée ! Présente le fruit de la justice à Dieu, de manière à ce que Dieu soit célébré par tous » (PG 82,562).

Dieu glorifié dans les œuvres des saints

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Dieu est glorifié par les œuvres des saints, puisque les autres éclatent en louange de Dieu devant elles, comme dans Ps 150,1 "Louez le Seigneur dans ses saints" ou dans Jr 33,9 "Toutes les nations de la terre qui entendront parler de tous les biens que je leur aurai fait, en relèveront mon nom avec joie, et m’en loueront avec des cris de réjouissance." »

11 comblés des fruits de la justice Distinction entre la justice et ses œuvres

  • →Hemmingsen Comm. Phil. : Les œuvres du chrétien, parce qu’elles proviennent de la foi, sont certes d’une espèce différente de celle de n’importe quel homme : elles sont sans hypocrisie et sans "cause d’achoppement". Cependant, ces bonnes œuvres sont les fruits de la justice, et non pas la justice elle-même.

14b confiance par le fait même de mes chaînes L’Apôtre plus redoutable qu’un engin de guerre

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. renvoie de façon quelque peu énigmatique au « récit des éléphants » dans 1M. Il fait allusion au harnachement des éléphants de guerre en 1M 6,37 : « Sur chaque bête et la protégeant, se trouvait une solide tour de bois fixée sur elle par des sangles, et dans chacune se trouvaient les trois guerriers combattant sur les bêtes, en plus de leur cornac. »

19a je sais que cela aboutira à mon salut La certitude d’être sauvé ?

Fondée sur la confiance en Dieu

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « La raison [de sa confiance en Dieu] vient de ce qu’il est totalement consacré au service du Christ, comme pour dire : ce pour quoi ces choses servent à mon salut, c’est que je suis totalement au service du Christ. […] Il dit donc : Mais en toute assurance, etc., comme pour dire : beaucoup me persécutent, mais moi j’ai confiance en Dieu, selon Is 12,2 ‘J’agirai avec confiance, et je ne craindrai point’ et Ps 12,6 [Ps-V 11,6] ‘J’agirai en cela avec une entière liberté.’  »
  • →Brenz Expl. Phil. : Comme Paul suivait l’appel de l’Évangile afin de parvenir à la félicité éternelle. Il avait la certitude qu’il y atteindrait...

Établie par un raisonnement a fortiori  

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Lorsque nous faisons quelque bien en coopérant au salut des autres, cela rejaillit sur notre propre salut. Si, en effet, comme il est dit dans Mt 17,6 ‘Si quelqu’un scandalise un de ces petits [qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui pendît au cou une de ces meules qu’un âne tourne, et qu’on le jetât au fond de la mer]’, combien plus celui qui procure le salut de beaucoup n’est-il pas digne de gloire ? »

20ac vive attente + espérance + en toute assurance — Sauvés en espérance

Contradiction avec « je sais » du v.19 ?

Non : car c'est l'espérance d'un bien qu'on ne peut attendre que de Dieu
  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « L’espérance n’est-elle pas l’attente de la béatitude future ? Il faut dire que l’espoir est un mouvement de l’appétit portant sur un bien ardu. Et cela de deux façons, car quand quelqu’un espère l’atteindre par lui-même, alors l’espoir est sans attente ; mais quand c’est par un autre, alors il y a espoir accompagné d’attente, et ainsi nous attendons, ayant l’espoir d’obtenir quelque chose par un autre, selon le Ps 40,2 [Ps-V 39,1] ‘J’ai attendu, et je ne me suis point lassé d’attendre le Seigneur, etc.’  et Rm 8,24 ‘Car c’est en espérance que nous sommes sauvés.’ »
Non : car c'est Dieu qui cause la confiance en Dieu
  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Il dit : Je sais, et ensuite : J’espère et j’attends. Est-ce que cette espérance n’était pas certaine ? L’Apôtre répond en disant : Si, je ne serai confondu en rien. Comme il est dit dans 1M 2,61 ‘Tous ceux qui espèrent en Dieu ne s’affaiblissent point’ et dans Rm 5,5 ‘Or cette espérance n’est point trompeuse’ ; et dans Si 2,11 ‘Jamais personne qui a espéré dans le Seigneur n’a été confondu.’ »

21 vivre c’est le Christ et mourir, un gain

Éloge de Paul : la maxime d'un cœur adamantin 

  • →Jean Chrysostome Hom. Phil. 1,3 « Vit-il encore dans le temps, celui qui ne désire plus la vie présente ? Vit-il dans le temps, celui qui vers un autre monde précipite sa marche ? Vit-il dans le temps, celui qui ne convoite plus ce qui est de la terre ? Un cœur de diamant serait en vain mille fois frappé ; rien ne l'entame : ainsi Paul ! »
  • →Hemmingsen Comm. Phil. : Cette formule vise la gloire après la mort. La mort est une véritable épreuve pour la foi : celui qui croit que Christ est victorieux sur la mort ne doit pas être battu par la mort. Une gloire céleste attend quiconque meurt en vivant pour Christ.

Une vérité métaphysique, à prendre au sens propre

sur la vie en général, en tant que mouvement vers une fin
  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « La vie, en effet, implique un certain mouvement. Car ceux-là sont dits vivre qui se meuvent eux-mêmes. Et de là vient que ce qui est le principe de son mouvement semble être le fondement de la vie d’un homme. Or il s’agit de ce à quoi son affection est unie comme à une fin, parce que c’est de là que l’homme est mû vers toutes les choses. Voilà pourquoi certains appellent ‘leur vie’ ce à partir de quoi ils sont poussés à agir, comme les chasseurs la chasse, et les amis leurs amis. Ainsi donc, le Christ est notre vie, parce que tout le principe de notre vie et de notre opération est le Christ. Et c’est pourquoi l’Apôtre dit : Car le Christ est ma vie, etc., parce qu’il était mû par le Christ seul. »
sur la perfection de la vie en Christ
  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « L’Apôtre parle au sens propre. En effet, chacun estime que c’est un gain pour lui, quand il peut parfaire une vie qu’il possède imparfaitement. Ainsi, le malade estime qu’une vie en bonne santé est un gain. Notre vie, c’est le Christ, comme le dit Col 3,3 ‘Votre vie est cachée en Dieu avec Jésus-Christ.’ Mais ici, elle est imparfaite selon 2Co 5,6 ‘Pendant que nous habitons dans ce corps, nous sommes éloignés du Seigneur.’ Et c’est pourquoi, quand nous mourons corporellement, notre vie est parachevée pour nous, c’est-à-dire le Christ, auquel nous sommes alors présents. Comme le dit Ps 127,2 ‘Lorsqu’il aura accordé le repos comme un sommeil à ses bien-aimés, etc.’ ; et 2Tm 4,6 ‘Car pour moi, je suis sur le point d’être sacrifié et le temps de ma mort s’approche, etc.’ »
  • →Lapide Comm. ep. Pauli : Vivre ou ‘ma vie’, c’est le Christ, parce que le Christ est la cause de ma vie, en trois sens. (1) Il est la cause efficiente de ma vie spirituelle et la protège. (2) Il est la cause exemplaire de ma vie. (3) Il en est la cause finale, car l’honneur et l’amour du Christ me poussent à accomplir des bonnes œuvres. Cette vie originée en le Christ est donc ce qu’il y a de plus profond en l’homme. Comme Théophylacte le dit : le Christ est pour moi l’esprit, la lumière et la vie – naturelle, surnaturelle et celeste tout ensemble.

Une question textuelle

Calvin comprend Christ comme sujet des deux membres de la phrase, ce qui conduit à traduire : « Pour moi le Christ est un gain dans la vie et dans la mort. » 

  • →Calvin Comm. NT « Paul proteste que ce lui est tout un de vivre ou de mourir, pour autant qu'ayant Christ en soi, il estime et l'un et l'autre à gain. Et certes, il n'y a que le Christ qui nous fasse bienheureux tant en la mort qu'en la vie. Autrement, si la mort est misérable, la vie n'est de rien plus heureuse, en sorte qu'il est bien difficile de résoudre lequel est le plus utile de vivre ou de mourir hors Jésus-Christ. Au contraire, que Christ soit avec nous, il bénira tant notre vie que notre mort, en sorte que l'une et l'autre nous seront désirables. »  

22ss Expression de la tendresse pastorale de Paul

  • →Jean Chrysostome Hom. Phil. 1,3 « Ce passage nous révèle un grand mystère : l’apôtre était maître de son sort, puisque avoir le choix c’est être maître de l'avenir. — Je ne sais que choisir, dit-il : ainsi tout dépend de vous ? Sans doute, répond-il, si je veux demander cette grâce à Dieu [...]. Remarquez la tendresse paternelle du bienheureux. Il veut encore ainsi les consoler, en leur faisant comprendre que son avenir est remis à son choix, qu’il ne dépend pas de la malice des hommes, mais de la providence de Dieu. »
  • →Brenz Expl. Phil. : Paul ne parvenait pas à choisir entre la vie et la mort. Si Dieu veut que nous vivions, qui peut répondre : ‘Ma vie n’est pas utile’ ?  Mais le corps est vraiment une prison et la présence corporelle, même celle de Paul, a peu de valeur. Bien plus important est l’Évangile avec ses effets dans les croyants. Les avantages ou biens qui viennent du fait de croire et d’être justifié sont mineurs en comparaison de ceux qui viennent du fait de souffrir pour Christ, pour lui rendre témoignage.

23a je suis pressé des deux côtés Alternative entre :

- l'instinct vital et le mouvement de la grâce 

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. « Dans l’homme [...], il y a un double mouvement : celui de la nature et celui de la grâce. Celui de la nature pousse à ne pas mourir, selon la parole de 2Co 5,4 : ‘[Car pendant que nous sommes dans ce corps comme dans une tente, nous soupirons sous sa pesanteur, parce que] nous ne désirons pas d’en être dépouillés, mais d’être revêtus par-dessus, etc.’ ; et celle de Jn 21,18 : ‘Et un autre vous mènera où vous ne voulez pas, etc.’ Et il y a le mouvement de la grâce, que suggère la charité, qui pousse à l’amour de Dieu et du prochain. Ce sentiment provoque l’amour de Dieu, pour que nous soyons avec le Christ. Et c’est pourquoi il dit : J’ai le désir de partir, non en soi, mais pour être avec le Christ, comme le dit 2Co 5,8 : ‘Dans cette confiance que nous avons, nous aimons mieux sortir de la maison de ce corps, pour aller habiter avec le Seigneur, etc.’ On voit par là la fausseté de l’opinion des Grecs, selon laquelle les âmes des saints ne sont pas avec le Christ aussitôt après la mort. »

- le choix d'aimer Dieu pour moi-même (charité imparfaite) et celui d'aimer Dieu pour lui-même (charité parfaite)

  • →Thomas d’Aquin Lect. Phil. : On peut aussi comprendre : « L’amour de Dieu est double, à savoir l’amour de concupiscence qui veut jouir de Dieu et se délecter en lui, et ceci constitue le bien de l’homme. De même, il y a l’amour d’amitié par lequel l’homme préfère l’honneur de Dieu à sa propre délectation par laquelle il jouit de Dieu, et là est la charité parfaite. D’où Rm 8,38 : ‘Ni la mort, la vie, ni les anges, [ne nous pourra jamais séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur], etc.’ Et il ajoute en Rm 9,3 : ‘Jusque-là que j’eusse désiré de devenir moi-même anathème, et d’être séparé de Jésus-Christ pour mes frères, etc.’ Et il a dit cela pour montrer qu’il est habité de la charité parfaite, étant prêt pour l’amour de Dieu et pour sa gloire à se priver de la délectation de la vision divine ; et c’est pourquoi il a fait ce choix, et à juste titre, comme étant plus parfait. »

- le désir de saisir tout de suite son salut personnel et le risque de souffrir pour celui des autres

  • →Lapide Comm. ep. Pauli accuse Bèze de suggérer que Paul ait pu ignorer la valeur du prix qui l’attendait et par conséquent hésiter : « Je ne sais pas que choisir » – ou pire que l’Apôtre ait pu dire une chose et en penser une autre. Paul voulait vraiment être libéré de la prison de son corps. Il était réaliste : la vie fournit plus d’occasions de pécher que de gagner des mérites. Donc le plus court serait le mieux (comme dans le cas de tel catholique anglais martyrisé très jeune). Si Paul préfère finalement rester en vie et souffrir, c’est pour contribuer au salut des autres.

25b progrès

  • →Jean Chrysostome Ant. exsil. 1 « Les menaces du monde, je les méprise ; ses faveurs, je m’en moque. Je ne crains pas la pauvreté, je ne désire pas la richesse ; je ne crains pas la mort, je ne désire pas vivre, sinon pour vous faire progresser. C’est à cause de cela que je vous avertis de ce qui se passe, et j’exhorte votre charité à la confiance. »

26a dans le Christ Jésus en moi Paul est-il trop audacieux ?

  • →Calvin Comm. NT : Paul ne se considérait sûrement pas lui-même comme égal au Christ ! Le grec « afin que votre gloire abonde en Jesus Christ en emoi [par moi/de moi] » signifie que Paul n’est qu’un instrument et que sa valeur est fonction de son état d’esclave du Christ et de prédicateur de sa parole. En ce sens, la gloire de Paul était la gloire du Christ.

29bc non seulement de croire + mais aussi de souffrir — La foi et/ou les œuvres ?

Lecture catholique : les deux 

Polémique anti-catholique : une grâce, pas une initiative personnelle

  • →Hemmingsen Comm. Phil. : Pour comprendre qu’il vaille la peine de croire et de souffrir pour l’Évangile, il faut avoir l’Esprit de Dieu. Les « Papistes » ont tort de penser que chacun puisse croire ou ne-pas-croire, souffrir ou ne-pas-souffrir, comme un don qui fît partie de son libre arbitre.   

Mystique

8b je languis après vous tous dans les entrailles du Christ Jésus

L’étreinte spirituelle vécue dans la fraternité monastique

  • →Bernard de Clairvaux Ep. 153 répond à Bernard de Portes le Chartreux, qui lui demande un exposé sur le Ct : « Tu me demandes avec insistance et moi je refuse avec constance, mais pour m’épargner et non par mépris envers toi. Oh ! plaise au ciel que je puisse être capable d’élaborer quelque chose qui soit digne de ton zèle [...] ; si cela pouvait se faire, je partagerais avec toi la lumière de mes yeux et aussi mon âme elle-même, ami très cher, frère que je voudrais étreindre spirituellement "dans les entrailles du Christ", autant qu’il me serait possible, dans toute la plénitude de l’amour » (SC 556,399).

L’esprit du Christ se fond avec notre esprit

  • →Cabasilas Vita « Ô grandeur des mystères ! Il est donc possible que l’esprit du Christ se fonde avec notre esprit et son vouloir avec notre vouloir, que son corps soit mélangé à notre corps et son sang à notre sang ! Que devient notre esprit quand l’esprit divin s’en est rendu maître ! Que devient notre vouloir quand le vouloir bienheureux le subjugue ! Que devient notre argile quand un tel feu a triomphé d’elle ! Qu’il en est bien ainsi, Paul le montre bien quand il dit n’avoir plus ni esprit ni vouloir ni vie propres, mais que le Christ est devenu tout cela pour lui. Il écrit en effet : "Nous avons l’esprit du Christ" (1Co 2,16) ; et : "Vous réclamez une preuve que c’est le Christ qui parle en moi" (2Co 13,3) ; et : "Je pense avoir l’Esprit de Dieu" (1Co 7,40) ; et : "Je vous aime dans les entrailles de Jésus-Christ" — ce qui montre à l’évidence qu’il avait le même vouloir que lui —, et pour tout résumer : "Je vis mais non plus moi, c’est le Christ qui vit en moi" (Ga 2,20) » (SC 355,271).

29bc non seulement de croire en lui mais aussi de souffrir pour lui

Dans le combat quotidien du moine contre les vices

  • →Guerric d’Igny Serm. (« Sermon pour l’Ascension ») « à vous, mes frères, il a été donné, comme le dit l’Apôtre, non seulement de croire en lui, mais aussi de souffrir pour lui. La foi en la promesse du Christ, bien loin de vous rendre négligents par l’assurance qu’elle vous donne, vous rend plus fervents par l’élan qu’elle vous procure, et vous fait gagner la couronne du martyre continuel dans le combat quotidien que vous livrez aux vices. Martyre continuel, mais facile, et quoique facile, sublime néanmoins » (SC 202,277).

Théologie

2 grâce et paix MORALE (Procédés littéraires Ph 1,2)

  • La grâce est l’œuvre gratuite du salut opérée par Dieu dans le Christ (Rm 3,24-25) et les dons qui en découlent (Rm 6,14 ; 2Co 4,15).
  • La paix est l’harmonie dans la relation entre Dieu et les hommes. C’est une réconciliation (Jn 20,19-23).

Toutes deux sont données par Dieu (Si 50,23 ; Is 54,10).

4c dans la joie MYSTIQUE Joie surnaturelle La →joie imprègne Ph (Ph 1,4.18.25 ; 2,2.17-18.28-29 ; 3,1 ; 4,1.10). C’est la joie particulière d’un homme privé de sa liberté élémentaire. Elle n’est pas puisée à des sources naturelles ; elle prend sa source en Dieu. Pour Paul la source de toutes les joies, la raison la plus profonde de son allégresse spirituelle est le Seigneur. C’est pourquoi il peut dire : « Pour moi vivre c’est le Christ » (Ph 1,21). Juste avant de terminer sa lettre, Paul adresse à ses chers Philippiens un ultime appel à la joie (Ph 4,4).

6c.10b jour du Christ ESCHATOLOGIE C’est la venue du Christ en gloire (cf. 1Th 2,19 ; 3,13 ; 4,15 ; 5,2-4). C’est aussi le jour du jugement divin : Am 5,18-20 ; So 1,14-18 ; Mt 25,31-46.

21 gain ANTHROPOLOGIE La nouveauté de la mort chrétienne est l’union au Christ dans sa mort par le baptême pour vivre d’une vie nouvelle. Le chrétien, dans l’attente de la résurrection de la chair, est uni au Christ (2Co 5,1-2.8).

  • →CEC 1010 « La mort physique consomme ce mourir avec le Christ et achève ainsi notre incorporation à Lui dans son acte rédempteur. »

23b partir ANTHROPOLOGIE Métaphore pour la mort qui est la séparation de l’âme et du corps, qui seront unis à nouveau lors de la résurrection des morts. Procédés littéraires Ph 1,23b

27 ensemble pour la foi La communion, sacrement de présence divine

  • →Vatican II GS 21 « Enfin, ce qui contribue le plus à révéler la présence de Dieu, c’est l’amour fraternel des fidèles qui travaillent d’un cœur unanime pour la foi de l’Évangile et qui se présentent comme un signe d’unité. »

29a la grâce Et la foi

Arts visuels

1–30 Bénédiction

Johann Christoph Weigel (1654-1725), L'Épître de saint Paul aux Philippiens (gravure, 1695)

in Der Heiligen Apostel Geschichte und Episteln, letzlichen auch Die Hohe Offenbahrung S. Joannis : Nach anleitung Heyl. Schrifft in Bildnussen vorgestellt, éd. : Augsburg

© st-takla.org→

À terre, les chaînes de saint Paul, prisonnier pour l'évangile. Dans le ciel, la bénédiction de la croix du Christ, qui rappelle les adresses pleines de souhaits de grâces de saint Paul à ses destinaires.

Musique

1 Oh Seigneur, car je suis ton serviteur

17e s.

Andreas Hammerschmidt (1611-1675), O Domine, quia ego servus tuus sum, 1649

Manfred Cordes (dir.), Weser-Renaissance Bremen

© Licence YouTube Standard→, Ga 1,1-24 Ps 116,1–19 Rm 1,1 Ph 1,1

Composition

Ce motet, composé sur les paroles du Psaume 116, se trouve éclairé par les paroles de Saint Paul: « Si je plaisais encore aux hommes je ne serais pas serviteur du Christ » (Ga 1,10). Il est composé par Andreas Hammerschmidt, l'un des compositeurs de musique sacrée les plus populaires dans le Saint-Empire du 17e siècle.

Paroles

O Domine, quia ego servus tuus; ego servus tuus, et filius ancillae tuae. Dirupisti vincula mea, tibi sacrificabo hostiam laudis, et nomen Domini invocabo.

Vota mea Domino reddam in conspectu omnis populi ejus; in atriis domus Domini, in medio tui, Jerusalem.

Oh Seigneur, car je suis ton serviteur; je suis ton serviteur et le fils de ta servante. Tu as rompu mes liens, je te sacrifierai une offrande de louange, et j'invoquerai le nom du Seigneur.

Je rendrai mes louanges au Seigneur devant tout son peuple, à l'entrée de la maison du Seigneur, au milieu de toi, Jérusalem.

21 Obsèques musicales

17e s.

Heinrich Schütz (1585-1672), Musikalische Exequien SWV 279/281, 1635

Sir John Eliot Gardiner, English Baroque Soloists, Monteverdi Choir

© Licence YouTube standard→, Jb 1,21.19,25s Ph 1,21 Jn 1,29.3,16 Is 26,19 Ps 73,25s Lc 2,29-32 Ap 14,13 Sg 3,1

Composition

Musikalische Exequien est un ensemble de motets en trois parties, tout d'abord en forme de messe de funérailles allemande luthérienne. Ce premier épisode précède un autre air spirituel extrait du psaume 73. Il est suivi à son tour d'une troisième partie, le Cantique de Siméon (connu dans la liturgie catholique sous le nom de Nunc dimittis). L'ensemble a été composé en 1635 pour les funérailles de Heinrich Posthumus von Reuss, seigneur de Gera, Schleiz et Lobenstein en Thuringe, mort le 16 décembre 1635.

Livret

Partie I : Concert in Form einer teutschen Begräbnis-Messe SWV 279 6vv SSATTB — Intonatio: Nacket bin ich von Mutterleibe kommen — Soli: Nacket werde ich wiederum dahinfahren Herr Gott, Vater im Himmel — Soli: Christus ist mein Leben, Sterben ist mein Gewinn Jesu Christe, Gottes Sohn — Soli: Leben wir, so leben wir dem Herren Herr Gott, Heiliger Geist — Intonatio: Also hat Gott die Welt geliebet, daß er seinen eingebornen Sohn gab — Soli: Auf daß alle, die an ihn gläuben, nicht verloren werden Er sprach zu seinem lieben Sohn — Soli: Das Blut Jesu Christi Durch ihn ist uns vergeben — Soli: Unser Wandel ist im Himmel Es ist allhier ein Jammertal — Soli: Wenn eure Sünde gleich blutrot wäre, Sein Wort, sein Tauf, sein Nachtmahl — Solo (Altus): Gehe hin mein Volk Soli: Der Gerechten Seelen sind in Gottes Hand — Solo (Tenor): Herr, wenn ich nur dich habe  — Soli: Wenn mir gleich Leib vnd Seele verschmacht Er ist das Heil und selig Licht — Soli: Vnser Leben währet siebenzig Jahr Ach, wie elend ist unser Zeit — Solo (Tenor): Ich weiß, daß mein Erlöser lebt Weil du vom Tod erstanden bist Soli: Herr ich lasse dich nicht du segnest mich denn Er sprach zu mir.

Partie II : Motette Herr, wenn ich nur dich habe, SWV 280 8vv double choir SATB.SATB

Partie III : Canticum B. Simeonis Herr, nun lässest du deinen Diener in Frieden fahren, SWV 281 8vv double choir SATTB.SSB